C'est un première mondiale : un téléphérique deux étages à ciel ouvert. Son petit nom ? Le CabriO !
Il fallait se déplacer pour voir ça. Même si, je vous le confesse, le trajet aller depuis le Haut-Plateau en train dure trois bonnes heures...
On se retrouve donc à Stans, dans la région de Lucerne. En face de sa petite gare ferroviaire se dresse déjà le bâtiment hébergeant le départ du funiculaire.
Entré dans celui-ci, on découvre la salle d'attente avec quelques prospectus annonçant l'ouverture du nouveau téléphérique, des coussins pour patienter, quelques photos, le logo de Suisse Tourisme et : le prix des employés les plus chaleureux.
Puis, départ dans le funiculaire d'origine juqu'à la station aval du CabriO.
L'histoire de cette destination est juste fascinante. Dès 1893, le Stanserhorn est relié à la plaine par un funiculaire en trois sections indépendantes. Ce fût le premier funiculaire électrique.
On installa également un phare puissant de 22'000 lux au sommet. Son faisceau lumineux éclairait pendant la nuit le tracé du chemin de fer, puis un bateau à vapeur sur le lac des quatres cantons pour ensuite terminer sa course sur le sommet du Pilate.
Le but de la manoeuvre était d'attirer plus de monde sur le Stanserhorn que sur la montagne du Pilatus.
Mais en 1970, un incendie se déclara et détruisit la dernière section du funiculaire, le phare et l'hôtel. Quelques années plus tard, le sommet était à nouveau atteignable grâce à la construction d'un téléphérique. L'hôtel était transformé en restaurant.
Depuis les années 2000, des nouveautés ressurgissent en masse. 2001, création du premier restaurant tournant de la Suisse-Centrale. 2003, contruction d'une plateforme panoramique. 2004, le concept d'un téléphérique cabriolet fût étudié. 2010, rénovation du funiculaire d'origine jusqu'au départ du téléphérique. 2012, ouverture du téléphérique CabriO, ...
Jürg Balsiger c'est le directeur des remontées du Stanserhorn mais avant tout, c'est également le «papa» du CabriO. L'esquisse ci-à-côté a été faite par son
directeur et l'ingénieur Reto Canale (image ©zvg) en 2004, alors que l'idée est venue. Les câbles porteurs allaient être montées latéralement et non au dessus de la cabine. Mais l'idée venait du
fait que, lors de la montée jusqu'à l'altitude du sommet à 1850 mètres il faisait toujours agréablement chaud. Pourquoi pas concevoir un télécabine qui met en avant les mêmes sensations qu'un
cabriolet ?
Est-ce immaginable en Valais, une installation exploitée exclusivement durant la saison estivale ? Pourtant c'est le cas de nos amis de Stans. Le funiculaire et le téléphérique vivent une pause annuelle en hiver.
Pour parler chiffres, l'entreprise réalise un CA de quatre cent mille francs dont une moitié est généré par le complexe de restauration et l'autre par le transport de personnes au sommet.
On peut en conclure que l'offre touristique du Stanserhorn consiste à offrir un expérience historique par la montée du funiculaire, ludique et panoramique par le téléphérique à ciel ouvert, ainsi que gastronomique avec le restaurant au sommet.